La quête du sens

Réflexions sur la nature humaine

I. De Blackwood (Lady Isabelle)
Écrivaine humaniste, Blogueuse.
Œuvre au développement de la conscience humaine.

Quand l’humain confond la vérité

Avez-vous remarqué ? J’ouvre mon fil d’actualité aujourd’hui et je trouve qu’il ressemble de plus en plus à une traversée dans un champ de mines. C’est sur le point de sauter, toujours, tout le temps. On est exposés à des polémiques permanentes, les gens sont indignés, si bien que les débats s’enflamment et que les gérants d’estrades se battent comme des coqs de basse-cour. Si vous êtes comme moi, on finit par éteindre son écran avec une sensation de lourdeur : l’impression que le monde est au bord du gouffre et que l’humain a perdu son intelligence et sa dignité.

Pourtant, la réalité est souvent ailleurs. Ce que nous voyons n’est pas le reflet du monde, mais le résultat d’un calcul froid où l’on priorise la rentabilité au détriment de la vérité.

Contrairement à une idée préconçue, les algorithmes de plateformes comme Facebook n’ont pas pour mission première de censurer des idées ou de bannir certains auteurs pour leurs opinions (bien que la modération existe). Leur véritable mandat est bien plus pragmatique : maximiser le temps passé devant l’écran, parce que cela leur rapporte de l’argent.

Pour une entreprise dont le modèle économique repose sur la publicité, votre attention est sa vache à lait. Et pour capter cette attention, l’algorithme a vite compris que l’être humain réagit plus fortement à ce qui le choque, le scandalise ou le met en colère.

Voilà pourquoi la haine est rentable sur les réseaux. Sur le plan technique de l’intelligence artificielle, l’algorithme ne fait pas la différence entre ce qui est bien ou mal, vrai ou faux. Il ne reconnaît que des signaux d’engagement massif : par exemple, l’indignation devant un texte ou une image qui génère plus de clics ou de partages, ou encore des centaines de commentaires de gens en colère qui indiquent à l’algorithme que le contenu est « super intéressant », voire payant.

À l’inverse, un texte bienveillant ou une réflexion évolutive demandent souvent un temps de lecture plus long et génèrent moins de commentaires. Pour l’algorithme, ce silence est interprété comme un manque d’intérêt. Résultat ? Vous l’avez deviné : certaines publications deviennent presque invisibles.

Cette sélection artificielle du contenu « rentable » devient infernale à la longue. À force de ne voir que les conflits, nous finissons par croire que la société est plus divisée qu’elle ne l’est réellement. Les algorithmes agissent comme des loupes qui ne zoomeraient que sur la noirceur du monde, ignorant les zones saines qui continuent de croître.

Ce n’est pas que le monde va mal ; c’est que le mal fait vendre.

Lady Isabelle

Posted in

Laisser un commentaire