Vieillir est un chemin et non une fin. Le sens du mot gagne à être abordée non pas comme un déclin, mais comme une réconciliation profonde avec soi. Si ce n’est déjà fait, c’est le temps d’accueillir son histoire complète, ses lumières et ses ombres, sans le jugement ou la performance qui marquaient peut-être la jeunesse. Cette acceptation libère une énergie précieuse ; la capacité renouvelée à s’émerveiller comme un enfant.
Le monde, loin de devenir banal, retrouve son éclat à travers un regard neuf, dénué de l’urgence de vivre ou de se prouver. On redécouvre la beauté simple d’un coucher de soleil, la complexité du héron qui s’envole, la profondeur du silence. Cet état d’émerveillement est le terreau fertile d’un amour élargi : l’amour de soi, sans réserve, et l’amour des autres par conséquent, dans une compassion et une générosité qui n’ont plus besoin d’attendre la réciprocité pour exister.
Le véritable trésor de l’âge est le développement de la sagesse, celle qui est associée à l’expérience. C’est l’art de vivre en harmonie avec le vivant qui nous entoure et qui nous constitue. D’ailleurs, pour cultiver cette sagesse, et cela peut sembler ironique, il est essentiel de rester jeune d’esprit.
Oui. Cela implique de rester curieux, de continuer d’apprendre, d’avoir l’audace d’essayer de nouvelles choses et la souplesse de remettre en question ses propres certitudes. Les bénéfices de cette jeunesse intérieure sont immenses : elles maintiennent entre autres, l’alignement de l’âme (anima) qui reste en mouvement et continue de vibrer à son essence. À l’inverse, l’attitude de ceux qui refusent d’évoluer, qui s’enferment dans la nostalgie ou la rigidité de leurs opinions passées, s’exposent à de grands désavantages. Le risque premier d’une déconnexion à l’âme, puis d’un rétrécissement du monde intérieur qui conduit inéluctablement à une morosité prématurée.
Ainsi, vieillir n’est pas la répétition lasse des jours qui nous faut remplir de « faire », mais une ascension vers un état d’être plus complet et plus lumineux dans « l’être ». C’est un privilège pour quiconque vieillit, de transformer l’accumulation des années en une richesse spirituelle. En se réconciliant avec soi, en s’ouvrant à l’émerveillement et à l’amour désintéressé, et en cultivant une sagesse vivante et curieuse, on déploie le potentiel de l’existence.
Ce dernier acte n’est pas une extinction, croyez moi, mais l’affirmation d’une vie intense, où le passé sert de fondation solide pour un présent plus joyeux. C’est la démonstration que la vraie jeunesse ne se mesure pas à une date dans un calendrier, mais à l’intensité de la flamme qui brûle toujours en chacun de nous.
Lady Isabelle xx


Laisser un commentaire